La Saint-Valentin : utiliser un temps fort commercial pour changer le récit
Comment transformer la Saint-Valentin en espace de dialogue et de pédagogie
La Saint-Valentin est l’un des moments les plus codifiés de l’année.
Pour les fleuristes, elle concentre tout : l’attente d’un geste amoureux, l’urgence de l’achat, l’abondance de fleurs standardisées, souvent importées, souvent invisibles dans leur origine.
Un rituel bien huilé. Et pourtant, vu de notre métier, c’est aussi un moment clé pour changer le récit.
Chez Les bottes d’Anémone, nous avons fait le choix d’utiliser ce temps fort non pas pour en rajouter dans le discours commercial, mais pour ouvrir un espace de dialogue. Parce que lorsque tout le monde regarde, lorsque l’attention est maximale, c’est précisément là que la parole peut avoir un impact.

Quand l’événement commercial devient un moment de vérité
La Saint-Valentin agit comme un révélateur.
Elle met en lumière les paradoxes de la filière florale : des fleurs offertes pour célébrer l’amour, mais produites loin, hors saison, parfois dans des conditions sociales et environnementales difficiles.
Plutôt que d’éluder ces réalités, nous avons choisi de les rendre lisibles, avec simplicité.
Expliquer pourquoi certaines fleurs ne sont pas disponibles en février.
Raconter d’où viennent celles que nous proposons.
Assumer que faire autrement implique parfois moins de choix et davantage de conversations.
Ce positionnement n’est pas neutre. Il demande du temps, de la pédagogie, et une forme de courage économique. Mais il transforme l’acte d’achat en moment de compréhension.
Découvrez l’interview de Tiphaine Turluche dans Ouest France
Déplacer la communication : du produit vers le sens
Dans un temps fort commercial, la tentation est grande de concentrer la communication sur l’offre : le bouquet, le prix, la rapidité.
Nous avons choisi un autre chemin : parler du pourquoi avant le quoi.
Pourquoi ces fleurs-là, à ce moment de l’année.
Pourquoi travailler uniquement avec des producteurs français et de saison.
Pourquoi refuser certaines pratiques pourtant largement répandues dans la filière.
Cette approche, documentée et assumée dans notre rapport de mission, repose sur une conviction simple :
👉 l’influence durable passe par le récit, pas par la morale.
Il ne s’agit pas de dire aux clients ce qu’ils doivent faire, mais de leur donner les clés pour comprendre, et décider en conscience.
La pédagogie comme levier d’influence
La Saint-Valentin devient alors un terrain d’apprentissage partagé.
Un moment où les questions affluent, où les échanges s’ouvrent, où les habitudes peuvent être interrogées sans confrontation.
Dans notre atelier, sur nos supports de communication, dans nos échanges directs, nous avons constaté que cette posture pédagogique crée autre chose qu’une transaction :
elle crée de la confiance.
Et cette confiance a un effet bien au-delà de la journée du 14 février.
Elle influence les choix futurs, fidélise autrement, et participe, modestement mais concrètement, à faire évoluer les pratiques de la filière.
Pour illustrer notre démarche, nous avons prévu pour 2026 plusieurs formats d’animation : capsules pédagogiques « Les fleurs, le saviez-vous ? », mini-ateliers « La Fleur du Moment » ou micro ouvert pour partager des anecdotes. Cette année, ces actions seront mises en œuvre à bord de trains afin de sensibiliser les voyageurs de manière ludique et surprenante. L’objectif reste le même : créer un espace de dialogue et de pédagogie autour des fleurs et de leur origine.

Ce que cette approche dit de notre responsabilité de professionnels
Utiliser un temps fort pour changer le récit, c’est accepter de repenser la notion de performance.
Ce n’est pas uniquement le volume vendu qui compte, mais la qualité du message transmis, la cohérence entre les actes et la parole, et l’impact à long terme.
Dans notre rapport de mission, cette logique est centrale :
- faire de la transparence un outil de transformation,
- considérer chaque interaction client comme une opportunité de sensibilisation,
- inscrire l’engagement dans les moments les plus visibles, pas seulement dans les coulisses.
Un enseignement transférable à d’autres secteurs
Ce que nous expérimentons à la Saint-Valentin dépasse largement le monde de la fleur.
Tous les secteurs connaissent des rituels commerciaux : soldes, fêtes calendaires, lancements, temps forts médiatiques.
Ces moments peuvent rester des automatismes… ou devenir des espaces de dialogue.
Changer le récit ne demande pas de tout révolutionner, mais d’oser poser un cadre différent : expliquer, contextualiser, raconter ce qui se joue derrière le produit ou le service.
C’est souvent là que l’engagement devient crédible, parce qu’il s’exprime quand il serait plus simple de se taire.
Influencer sans imposer
Nous ne pensons pas que la Saint-Valentin doive être “corrigée” ou “rééduquée”.
Nous pensons qu’elle peut être habitée autrement.
En tant que fleuristes, notre responsabilité n’est pas de donner des leçons, mais de proposer un autre regard. Un regard qui respecte les personnes, le vivant, et le temps long.
Et si, finalement, l’influence la plus puissante naissait de ces moments où l’on choisit de raconter autrement, précisément quand tout le monde s’attend au même discours ?
Si ce récit vous parle ? Voici comment nous le rendons vivant aussi : découvrir notre atelier lors d’un café fleuri. Prochaine date : vendredi 13 février de 8h30 à 10h00, sur inscription via ce lien, attention places limitées !
Maud, Responsable clients professionnels